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L’analyse partagée : les attentes de nos partenaires

Publié par Antoine le 12 avril 2022

LA MCFA comme centre de ressources ? Retour sur les rencontres avec les partenaires

 En tant que centre de ressources, les attentes de nos partenaires et de leurs publics sont assez diversifiées.

Pour les centres culturels associés, au-delà de la coopération technique, il est également important qu’un centre culturel comme la MCFA, qui possède des moyens humains, techniques, et financiers plus importants et des infrastructures d’envergure, puissent aussi programmer des « têtes d’affiche ». Programmer de la culture « de consommation », tout en veillant à l’aspect qualitatif. Cela permet aussi que nos publics ne doivent pas se déplacer à Gand ou Bruxelles.

Pour les ADL, c’est une force d’avoir un relais de la MCFA au niveau local. Si elles veulent amener un aspect culturel à un projet, elles savent qu’elles peuvent faire appel à lui. Certaines antennes de la MCFA délocalisées sont basées directement dans le même bureau que les ADL, ce qui favorise aussi le rapprochement. Toutefois, certaines ADL ne connaissent pas l’ampleur des collaborations possibles et sont demandeuses de plus de synergies à Marche notamment, et à Saint-Hubert. À Durbuy, on aspire aussi que la MCFA puisse « peser » face à un pouvoir politique pour qui la « Culture » n’est pas une priorité et qui refuse parfois des activités conjointes ADL/centre culturel local.

Les troupes de théâtres Actions sont très critiques sur la politique culturelle menée par la MCFA depuis des années, une politique considérée comme « non citoyenne ». Elles sont en demande de plus de synergies notamment lorsque des évènements s’organisent au sein même de la MCFA. Mais aussi d’une meilleure valorisation des artistes du territoire. Elles sont en attente de voir ce que donnera l’analyse partagée, qu’elles considèrent être une obligation institutionnelle plutôt qu’une réelle démarche de terrain.

Pour les CPAS rencontrés, la MCFA est très certainement un centre de ressources techniques sur qui ils peuvent compter ponctuellement lors de projets, pour la mise à disposition de locaux également.  Une forte collaboration est également mise en place par le biais d’Article 27, particulièrement sur Marche. Les CPAS et leurs publics sont demandeurs de programmations intégrées et délocalisées qui permettent de toucher un public plus éloigné de la « Culture » de manière plus proche et plus subtile. Et ça agit comme porte d’entrée. Integra Plus est notamment demandeuse de plus de collaborations avec le Centre culturel de Durbuy.

Pour Article 27 et CinéMarche, la plupart des gens ne savent pas qu’ils peuvent solliciter la MCFA dans le cadre de la mise en place d’un projet. Ça nécessiterait plus de communication et de visibilité à ce sujet. Il faut définir « centre de ressources » pour le citoyen et communiquer, tout en mettant un cadre. L’occasion pour eux de rappeler aussi que, par le passé, des associations sont venues et il n’y a pas eu de répondant. C’est un réel positionnement à avoir et qu’il faut alors mener jusqu’au bout (ex : mise à disposition des salles gratuitement). Concernant Article 27, le problème est le management qui est fait de la culture à la MCFA. Il faut réaffirmer notamment la possibilité du tarif Article 27 à 1,25 € qui était absente de la dernière brochure ! C’est grâce à la collaboration étroite avec certains membres du personnel que certaines collaborations tiennent toujours. Tous deux aspirent à ce que la MCFA redevienne un lieu de vie et pas juste une galerie de professionnels pour les professionnels. Leur attente principale est donc un réel positionnement de la direction en ce sens.

La Fondation Rurale de Wallonie estime que ce volet « centre de ressources » est sans doute le moins développé. Cet aspect, centre de ressources vers lequel on peut venir si on a des idées ou des envies. Leurs publics sont en demande de décentralisation, des moyens de mobilité… Toutefois la FRW à l’impression que son public est déjà sensibilisé d’une certaine manière et que les acteurs culturels du territoire sont relativement bien connus par ces publics. C’est avec les jeunes que c’est le plus compliqué, il faut amorcer par autre chose. Et pas toujours dans une salle de spectacle. Le côté collectif aussi à complètement changé avec les confinements et il faut peut-être lui redonner de la valeur et éveiller l’envie. Finalement, la FRW trouve que la brochure était une belle vitrine de l’activité de la MCFA et donnait aussi une vision sur les actions plus régionales. Elle regrette son absence en 2021-2022.

Le Musée de la Famenne, quant à lui, reçoit parfois des demandes d’artistes pour exposer. Ce n’est pas toujours facile pour un centre culturel de pouvoir absorber toutes les missions qu’on lui impose et d’être la maison de tous. Il faut parfois trouver des solutions alternatives comme le parcours d’artistes organisé par la Commune de Marche pour canaliser ce type d’envies. Même si pour certains artistes, exposer à la MCFA a quelque chose de prestigieux, une sorte de reconnaissance. Le Musée reçoit lui aussi des demandes du genre qu’il n’est pas toujours possible de satisfaire. Le FAM relève aussi le fait que les institutions culturelles ont un côté qui peut faire peur. Le FAM, l’Office du Tourisme de Marche et les bibliothèques communale et provinciale pointent aussi le manque de communication et de visibilité. Ils sont donc demandeurs de plus de liens entre les membres du tissu associatif et d’une meilleure connaissance du réseau. Ce qui est sans doute plus le rôle de la Commune que celui de la MCFA.

La MUFA souhaiterait pouvoir utiliser des locaux de la MCFA de temps à autres. Quant à la MJ de Saint-Hubert, elle considère déjà la MCFA comme une ressource au niveau du partenariat, de la collaboration par exemple pour les ateliers rock. Un de ces objectifs à l’avenir est de co-construire un projet dès le départ avec la MCFA.  Ils travaillent déjà ensemble mais ils pourraient aller encore plus loin.

Au niveau de la bibliothèque de Saint-Hubert, on salue l’expertise de la MCFA qui connait des ressources, des artistes, qui a des contacts. C’est précieux car elle ne connait pas d’autres partenaires de ce type sur son territoire. Par rapport à son public, avec le confinement, a émergé une envie d’avoir plus d’ateliers et de stages. Une collaboration qui pourrait encore s’étoffer avec le temps. Il apparait que la MCFA et la bibliothèque sont une ressource l’une pour l’autre. La bibliothèque vers le MCFA et inversement, échanges de locaux, des ressources humaines, etc.

L’ONE est demandeur de plus de choses concrètes au niveau très local. C’est tellement compliqué pour leurs publics de sortir de chez eux, donc leur souhait serait que la MCFA vienne à leur rencontre directement de manière peut-être un peu plus subtil. L’ONE a également régulièrement des demandes de parents pour que les stages soient plus diversifiés. Une de ses propositions serait d’associer le sport et la culture. On utilise l’un pour sensibiliser à l’autre, faire passer un message de manière ludique.

Du côté du GAL Nov’Ardenne, il y a une demande de collaboration notamment par rapport à la remise en place de marchés à Libramont et Saint-Hubert et donc d’animations. Mais il reconnait que c’est déjà quelque chose de connu en Haute-Lesse.

Toutefois le GAL de l’Ardenne Méridionale est demandeur de plus de de collaborations sur Daverdisse et Wellin. Il y a, par exemple, un jardin collectif à Wellin, pourquoi ne pas y amener un côté culturel, comme c’est le cas à Bièvre ?

Parmi les partenaires rencontrés de Manhay, Erezée et Rendeux, la demande est d’abord logistique et technique : aider les organismes locaux à amener des activités culturelles dans des lieux parfois très petits et non équipés. Parfois, il ne faut pas grand-chose mais aucun d’entre eux ne possède l’équipement nécessaire. Ils donnent l’exemple du Centre culturel d’Havelange qui a un set de matériel qu’il prête aux associations locales pour faire des spectacles à différents endroits. Le SDAC était une bonne ressource aussi, mais désormais, l’accès est plus compliqué et payant.  Ils soulignent aussi que la ressource, c’est le réseau. Par exemple, la MCFA peut être un intermédiaire par rapport aux Communes pour certains aspects.

Les partenaires de Tenneville et La Roche relèvent une préoccupation qui est de susciter l’intérêt des jeunes vers l’art. Ils ont fortement apprécié « Le jardin voyageur ». Ce concept pourrait peut-être être transformé à destination des ados.  En ayant 15 communes, la MCFA pourrait créer quelque chose : un conteneur qui voyage dans toutes les communes par exemple, qui contiendrait une expo et qui s’arrêterait dans les villages… Pour aller vers les villages avec de l’Art. La demande de ces partenaires consiste surtout à ce que la MCFA puisse aller au plus proche des gens. Investir les églises, les salles de villages encore davantage.

Finalement, lors d’une rencontre avec le CLAC, il est apparu que la MCFA pouvait apparaitre comme une ressource intéressante dans la cadre de la dynamisation commerciale. Des Communes adhérentes cherchent à réinventer les réunions d’associations de commerçants, les braderies, etc. Savoir qu’un partenaire culturel peut, dans la mesure du possible, collaborer à un projet rassembleur, est très positif pour la CLAC.

En résumé, cette notion de « centre de ressources » reste mal connue de nos partenaires, comme de leurs publics. Tous sont demandeurs de plus de collaborations avec une attention particulière à la proximité avec les publics. Investir des lieux très locaux de manière plus subtile comme porte d’entrée vers la culture, particulièrement pour des publics moins sensibilisés. La mise à disposition de matériel ou de salle fait également partie des envies des partenaires et de leur public. La création d’un « kit » simple d’utilisation et facilement accessible pourrait être une possibilité. Toutefois, la force de la MCFA est aussi de pouvoir répondre à des demandes précises, donc sans doute que la clé réside dans la communication et la promotion de cet aspect finalement moins connu.